Œuvres poétiques autour de...
Nicolas Bouvier "Le dehors et le dedans"
Nicolas Bouvier écrit des poèmes où les images des pays qu’il a visités jalonnent son itinéraire intime.
Marguerite Burnat-Provins "Le livre pour toi"
Marguerite
Burnat-Provins naît à Arras en 1872.
En
juin 1906, Marguerite Burnat-Provins, peintre,
écrivain, épouse d’un architecte vaudois, rencontre
à Savièse (Valais) un jeune ingénieur, Paul de
Kalbermatten. C’est le grand amour. Elle écrit
alors Le livre pour toi, cantique à l’amant
donateur de plaisir, qui paraît à Paris en 1907. Al
l’époque, ces cent petits poèmes en prose font
scandale : il n’était pas courant qu’une femme
(mariée !) chante ainsi le corps de son amant et le
plaisir amoureux. Aujourd’hui, Le livre pour toi ne
fait plus scandale. Mais il reste l’œuvre la plus
achevée de marguerite Burnat-Provins et un des plus
beaux chants d’amour de la littérature
française.
Maurice Chappaz "Textes choisis"
Magnifique
marcheur du Ciel, Maurice Chappaz a fondé son œuvre
et sa vie sur un parti pris absolu : pas de
concession à la matière chez cet homme prophète
doué d’une joyeuse sauvagerie à la Delteil ! Tout
en lui dialogue avec cette fameuse « nuit obscure »
dont parle Jean de la Croix.
Maurice Chappaz est l’homme des escapades. Au
hasard des manœuvres militaires, il sillonne le
valais à pied et cette vie physique lui convient.
Dans ces années-là, il fait deux rencontres
déterminantes : celle de Gustave Roud et celle de
Corinna Bille, qui deviendra sa compagne. Il publie
aussi son premier texte : "Un homme qui vivait
couché sur un banc". L littérature est désormais la
grande affaire de sa vie.
Edmond-Henri Crisinel "Alectone" et autres poèmes
Avec
une œuvre très brève, qui tient toute entière dans ce
mince volume, Edmond-Henri Crisinel est certainement
l’un des poètes les plus marquants de Suisse Romande.
Le plus dense, peut-être, on voudrait dire le plus
parfait.
Ce
qui retient, en premier lieu dans cette oeuvre, et
qui paraît décisif dans l’édification d’une œuvre
poétique, c’est la pureté du langage. Pas la
moindre pose littéraire, aucun artifice. Nulle
trace non plus d’imitation, nulle concession à la
mode, pas un mot inutile ou redondant. Simplement,
tout naturellement semble-t-il, il exprime la
vérité pure de ce qu’il veut
transmettre.
Jean-Villard Gilles "Œuvres complètes"
L’image
la plus répandue de Gilles est celle d’un chansonnier
doublé d’un conteur d’histoires drôles. En revanche,
celle de l’homme de théâtre et de radio demeure en
retrait. Pourtant, il vouait un amour sans faille au
mot dit autant qu’au mot chanté.
»On devrait entrer en vieillesse comme on entre en
religion : libéré des pesanteurs terrestres. Biens
immobiliers et mobiliers d’abord. Tu sais que tu ne
les emporteras pas avec toi. Ce qu’il adviendra
d’eux ? Tu t’en fous, mais il y a le reste, le plus
important – du moins pour toi – ta raison de vivre,
ce que tu as fait de ta vie. Ce qui t’a poussé
parfois au-delà de toi-même. Ce qui a donné un sens
à ta vie . »
« Et maintenant, petit livre, va à travers la
ville, et dis bonjour à mes amis. Va, si tu peux, à
travers le monde, qui est engagé, lui, dans une
vraiment sale histoire. Sois aimable, tâche de
séduire et de me faire honneur ».
Charles Juliet "Quatre saisons"
Quatre
saisons. Quatre lettres adressées à l’amie lointaine.
Jour
de printemps. Il marche dans les vignes, les bois.
Ce texte parle de l’avidité de vivre. De l’attente.
Nuit d’un été torride. Naguère, un enfant s’était
enfoncé dans la forêt à la recherche de trois
hêtres immenses. Il ne les avait pas trouvés, mais
il avait vécu quelques minutes inoubliables près
d’une source.
Journée d’automne et de balade sur les collines
dans la douce et déclinante lumière de la saison
préférée. Elle fait songer à un autre automne.
Après-midi d’hiver. La neige. Les oiseaux. Le
profond silence. Une totale passivité.
Des instants d’abandon, de lentes dérives. Une
parole nue. Celle que sécrète le murmure de
l’intime.
Camille Laurens "Quelques-uns"
Monde,
oui, jamais, chagrin, rien :
Les
mots ont un grain – comme on dit le grain de la
voix, le grain de la peau, bien sûr, mais aussi, au
fond, comme on parle des fous, des marginaux :
chacun d’entre eux est un original, une pièce
unique. D’avoir été prononcés tant de fois,
déformés par les lèvres ou polis par les livres, de
nous avoir émus dans la beauté des œuvres ou la
bouche d’autrui, ils ont acquis la densité et la
profondeur merveilleuse d’une terre dont nous
rêvons d’être un jour les archéologues : les mots
sont faits de notre vie qui sédimente.
Erri De Luca "Montedidio"
« Chacun de nous vit avec un ange, c’est ce qu’il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre… »
Erri De Luca "Œuvre sur l’eau"
A la neige, à la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal
Et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas,
Au sourire involontaire, à la fatigue
De celui qui ne s’est pas épargné,
A deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain
Ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui
Vaut encore peu de chose (…)
Ainsi
commence Valeur, l’un des poèmes rassemblés dans ce
volume, le premier livre de poésie de Erri De Luca.
A qui les proses ont assuré une notoriété qui ne
cesse de croître.
Ici,
comme l’auteur le confie dans une note liiminaire,
« à cinquante ans un homme se sent obligé de se
détacher de la terre ferme pour s’en aller au
large. Pour celui qui écrit des histoires au sec de
la prose, l’aventure des vers est une pleine
mer.
Maïakovsky – Elsa Triolet "Poèmes"
Maïkovski
est né le 7 juillet 1893, à Bagdadi ( village de
Géorgie), dans la famille d’un garde-forestier. Il
est le fils des grnads arbres et de la beauté du
Caucase, et il a poussé plus haut et plus fort, plus
infranchissable que les autres hommes. Il est mort en
1930, en pleine force, foudroyé…
«
Toute ma force sonnante de poète je te la donne,
classe à l’attaque. »
Ses vers manquent aux premières pages des journaux.
Il manque partout où il faut savoir aimer,
s’indigner, défendre et attaquer. Il manque partout
où il faut avoir du génie. Maïakovski vous manque,
il est inoubliable, comme un bras dont on vous
aurait amputé. On s’habitue à ne plus l’avoir, on
ne l’oublie pas.
Taslima Nasreen "Femmes, poèmes d’amour et de combat"
Romancière,
journaliste et poète, Taslima Nasreen est née au
Bangladesh en 1962. Maniant sa plume comme une arme,
elle vise sans relâche l’obscurantisme religieux,
l’asservissement des femmes et la dictature de la
misère. Résolument engagée, toujours émouvante, sa
poésie a le goût de l’expérience vécue et la
puissance d’un hymne à la liberté d’être et d’aimer.
Condamnée
à mort par les intégristes dans son pays, elle vit
en exil depuis 1994. Elle réside aujourd’hui en
Suède.
Fernando Pessoa "Poèmes"
Fernando
António Nogueira Pessoa est un écrivain et un poète
portugais, né le 13 juin 1888 à Lisbonne, ville où il
meurt le 30 novembre 1935.
Prolifique
et protéiforme, Pessoa est un auteur majeur de la
littérature de langue portugaise et de la
littérature mondiale (il a écrit aussi en anglais
et en français). Il signe ses œuvres sous
différents hétéronymes en sus de son propre nom :
Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos,
etc. Bernardo Soares.
Jean-Pierre Schlunegger "La chambre du musicien"
Solitaire et malade, retranché par la haute neige, confiné dans une seule pièce chauffable, le poète descend en lui-même – pour regarder, sans détourner les yeux, des visions et des événements terrifiants de l’enfance, qui l’ont marqué à jamais.
A la fin du poème, Schlunegger annonce son retour à la vie des hommes. « Tandis que la chambre de musicien s’installait doucement dans les mirages de la mémoire, je suis redescendu vers le printemps. »